Le réseau d'eau de Kerhornaouen

Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. PDFImprimerEnvoyer

LE SYNDICAT LIBRE de L’EAU

de KERHORNAOUEN en GUISSENY

 Cinquantenaire 1961 – 2011, le 25 août 2011

 

     Le jeudi 25 août 2011, le syndicat libre de l’eau de Kerhornaouen s’est réuni à Kerlergon pour fêter le cinquantième anniversaire de la création de l’association.

 

 

LES ORIGINES DU SYNDICAT.

Le syndicat a été créé en 1961 sous l’impulsion de Jean FILY et de Jean JAFFRES qui en ont été les principaux artisans. Son but était de distribuer de l’eau courante dans dix neuf maisons.

L’association a été enregistrée à la Préfecture et sa création diffusée dans le recueil des actes, n° 12, en juin 1962 :

« Il résulte d’un acte reçu à la Préfecture qu’une Association Syndicale Libre a été constituée à Guissény, conformément aux dispositions des lois des 21 juin 1865 et 22 décembre 1888 sous le titre « Association Syndicale Libre de Kerhornaouen en Guissény ».

« Le but de l’Association est la construction, l’entretien et l’exploitation d’un réseau d’amenée et de distribution d’eau potable ainsi que l’exécution des travaux complémentaires des grosses réparations, d’amélioration ou d’extension qui pourraient ultérieurement être reconnus utiles. Le siège de l’Association est fixé à Ty-Guen en Guissény.

« L’Association a pour organes administratifs l’Assemblée Générale, le Syndic et le Directeur. L’Assemblée Générale se réunit chaque année dans le courant du mois de janvier. Elle est présidée par le Directeur. Elle nomme les Syndics titulaires et suppléants… Son autorisation est nécessaire pour entreprendre des travaux neufs ou faire des acquisitions ou des emprunts dont le montant dépasse 500 NF…

« Le conseil syndical se compose de 4 membres…

« Le Syndicat règle les affaires de l’Association…

« Le Directeur préside les réunions de l’Assemblée Générale et du Conseil Syndical… Il fait exécuter les décisions du Syndicat et exerce une surveillance générale sur les intérêts de l’Association et des travaux.

« Il prépare le budget, présente le compte administratif des opérations de l’Association et assure le paiement des dépenses.

« Il passe les marchés.

« La durée de l’Association syndicale libre est illimitée. »

A cette époque, d’autres associations du même type avaient déjà vu le jour à Guissény (Brendaouez, Kéribert, Keraignan, Kervéogant, Kervenaouen) mais la particularité de l’association de Kerhornaouen est son fonctionnement par gravité (45 m de dénivelé), ce qui est exceptionnel, occasionnant donc un minimum de frais d’entretien.

Les travaux débutent au mois de mai 1961 et l’eau coule dans les robinets au début du mois de juin.

 

LA CONSTRUCTION DU RESEAU.

La source utilisée pour alimenter le réseau se trouve à Kerhornaouen sur la propriété de la famille GAC qui a autorisé l’installation pour une durée de 99 ans.

Le réseau s’étend sur une longueur de 3,3 km environ et ses trois kilomètres de tranchée ont été creusés en grande partie à la main durant un mois environ.

Jean Louis LE GALL a tracé, avec son tout nouveau tracteur et sa charrue, un premier sillon d’une vingtaine de centimètres de profondeur. Ensuite, le travail s’est poursuivi à la main car il n’y avait pas de tractopelle. A ce jour, trois hommes qui ont participé activement à ces travaux, sont toujours présents : Vincent GUILLERM, Jean Louis LE GALL et Jean JAFFRES, sans oublier les nombreuses femmes qui ont été mises à contribution.

La fourniture et l’installation des tuyaux dans la tranchée a été réalisée par l’entreprise CLOAREC de Guissény.

La facture concernant la mise en place des canalisations dans la tranchée s’élevait à 15.000 Francs (1,5 millions d’anciens francs), soit environ l’équivalent de 25.000 € d’aujourd’hui : cf. la facture de J. CLOAREC, Garage – Electricité, pour l’installation d’eau de Kernaouen, Kerlergon, Kervéléré d’un montant de 14.858,45 NF.

La construction a été autofinancée : environ 800 Francs par famille à l’époque. Ce coût a été atténué par des subventions attribuées individuellement dans le cadre de l’amélioration de l’habitat rural.

 

L’ENSEMBLE DU RESEAU.

Le captage se fait sur la hauteur de Kerhornaouen, à 55 mètres au-dessus du niveau de la mer. Au départ de la source, les tuyaux en pvc (afcodur) ont un diamètre de 60mm, puis progressivement de 50, 44 et 32 mm.

Le premier réservoir d’une capacité de 10 m3 a été réalisé par François LOAEC, de Kervezennec (Fanch Bi).

Lors de la construction de la mairie de Guissény, une canalisation provisoire avait été posée depuis le Rosicou, pendant la réalisation des travaux.

L’électricité était arrivée dans le quartier en 1957, puis l’eau courante en 1961 installant le confort dans les maisons.

Les tracteurs faisaient aussi leur apparition dans les fermes avec toute la mécanisation qui suivit et l’évolution des cultures : quelle révolution dans le monde rural en si peu de temps !

 

LA MODERNISATION DU RESAU.

En 1975, il avait été décidé de doubler la capacité de stockage, passant ainsi de 10 à 20 m3, ce qui garantissait un approvisionnement régulier, surtout que dans ces années la consommation de chaque exploitation avait sérieusement augmenté du fait de l’évolution de l’agriculture, du confort dans les maisons et aussi des nouveaux adhérents.

Le syndicat était passé de 19 à 28 adhérents. Il n’y a toujours pas de compteur d’eau, la facturation est forfaitaire.

L’entretien régulier du réseau est effectué par quatre personnes, par équipes de deux, à raison de deux fois par semaine, le dimanche et le mercredi, notamment pour la javellisation.

Le débit est d’environ 18 m3 par jour pour une capacité de 20 m3.

Le taux de nitrates est en baisse mais varie autour de la norme en vigueur ; les analyses bactériologiques sont satisfaisantes sauf accidents ponctuels.

Mais les adhérents restent persuadés que c’est une chance d’avoir un tel réseau quand on sait que 90 % de la consommation est à usage domestique (toilettes, douche, lave-linge, arrosage, etc…). Il est donc important de conserver et d’entretenir le réseau dont les frais de fonctionnement sont faibles.

Ainsi depuis 50 ans, l’eau continue à couler dans les canalisations du réseau de Kerhornaouen, sans problèmes majeurs à part quelques coupures dues à des incidents (rupture de canalisation entre autres).

 

LES NOUVEAUX STATUTS DU SYNDICAT.

Les statuts d’origine parlaient d’un « réseau d’amenée et de distribution d’eau potable ». L’eau est considérée potable par les adhérents mais n’est plus conforme aux normes environnementales en vigueur aujourd’hui.

Pour se mettre en conformité avec la nouvelle législation concernant ce type d’association, il a fallu refaire les statuts et modifier certains articles concernant la qualité de l’eau et ceci pour être à l’abri de toute procédure judiciaire.

Les statuts de l’Association ont été mis à jour le 10 décembre 2010 :

« Il est formé une association syndicale libre (ASL) de propriétaires régie par l’Ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004, et le Décret n° 2006-504 du 3 mai 2006 relatifs aux associations syndicales de propriétaires.

Le périmètre syndical total représente 17ha 71a 36ca. Il est susceptible « d’extension, moyennant l’approbation par l’assemblée générale », ou « de réduction en cas de retrait de parcelles à la demande de leurs propriétaires ».

« Tout propriétaire… d’un fonds ou terrain appartenant au périmètre syndical … est de plein droit membre de l’association… L’adhésion à l’ASL résulte d’un consentement, par écrit… Elle est également susceptible de résulter de tout acte de mutation de biens et droits immobiliers compris dans le périmètre syndical ».

« L’ASL de propriétaires a pour objet la construction, l’entretien et l’exploitation d’un réseau d’amenée et de distribution d’eau à usage domestique et non alimentaire, ainsi que l’exécution des travaux complémentaires de grosses réparations, d’amélioration ou d’extension qui pourraient ultérieurement reconnus utiles ».

 

            Bel exemple de réussite collective, conforme à cet esprit de mutualisation si caractéristique du Finistère Nord de l’époque.