Visite du château de Kergroadez

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Visite au château de Kergroadez

(Compte rendu de Jean COUCHOURON)

 

Le 7 septembre 2011, nous étions 28 participants à la visite du château de Kergroadez et de ses jardins.    L'accueil est assuré par une guide jeune et charmante !
Le plus impressionnant est de découvrir l'extraordinaire travail de restauration mené au début du XXème siècle et repris par les actuels propriétaires. Louis Le Guennec nous livre sa vision du château vers 1900 :

 

Aujourd'hui le château a recouvré un aspect proche de celui qu'il avait lors de sa construction, entre1598 et 1613 :

 

La façade et les portes d'entrée

 

La famille de Kergroadez est établie dans ces lieux depuis le XIVème siècle. François de Kergroadez fit bâtir  le château près des ruines de l'ancien manoir, on dit que 500 personnes y contribuèrent. François, compagnon d'Henri IV, chevalier de l'Ordre de Saint Michel est fait marquis. Son blason était « fascé de six pièces d'argent et de sable » et sa devise : « en bon espoir ». Les kergroadez se fondirent au début du XVIIIème siècle dans les Kerouartz.On découvre le château au bout d'une superbe allée de chênes centenaires aux branches incroyablement tordues. 

 

L'allée d'accès

C'est un plan inspiré de Kerjean comprenant une cour fermée présentant un système défensif (meurtrières, pont levis, tours en saillie sur les quatre angles...qui rappelle que la guerre de la Ligue était tout juste close.

Le pont-levis, sur la façade arrière

Les deux tours carrées de la façade sont reliées par une terrasse à parapet et mâchicoulis. Deux portes inégales donnent accès à la cour. Les tours de l'arrière sont rondes.

 

La galerie de la terrasse


Une galerie à arcades longe cette terrasse, à droite l'accès à la chapelle, à gauche l'appartement du chapelain. L'aile gauche abritait les écuries et les cuisines, l'aile droite le logis du personnel et les dépendances.

 La cour et l'aile gauche

Le château est construit sur de la roche, aussi les douves sèches sont-elles peu profondes. Au-dessus des portes principales un blason en kersanton datant de 400 ans a été reposé lors de la récente restauration des mâchicoulis. Au centre : les armoiries, puis 2 lions symbolisant la force le courage et le pays de Léon; un cercle avec anneaux : le collier de Saint Michel; au dessus, un haume et des rameaux de pin.

 

Au dessus de l'entrée une inscription :
« Si tu ne te maintiens pas dans la crainte du seigneur, ta maison sera anéantie. »

 

Le blason

Le corps de logis principal, en granit de Lanildut est de style renaissance bretonne. La porte excentrée, pour allonger les pièces de réception, est cependant face à l'entrée piétonne. La façade est très belle avec  des baies bien alignées verticalement. Le toit couvert d'ardoises des monts d'Arrées est percé de fenêtres aux frontons personnalisés. Sous chaque fenêtre on voit un orifice permettant le réglage du tirage des cheminées. La bâtisse est très grande : 155 fenêtres, 40 pièces avec leur 40 cheminées en granit de Ploudalmézeau. Les ornements sont en kersanton.

 

Le corps de logis principal

On remarque, à gauche, devant les cuisines le puits aux quatre colonnes, signe de marquisat. On accède à la chapelle par un escalier ouvert aux gens du voisinage. On y trouve un vitrail réalisé par la famille Chevillote en 1960 rappelant les armoiries des familles qui se sont succédé à Kergroadez et la copie du gisant de Robert et Bénoué de Kergroadez. En se rendant au logis principal on visite les écuries aux six stalles sous voute, dans l'état d'origine.

 

L'aile droite

Passé le perron, on accède à droite dans la plus grande salle du château. Elle servait aux réceptions et aussi à rendre la justice. Une porte dessert le pont levis. A la suite, la salle du conseil ou l'on peut voir une lettre originale de Robert de Kergroadez datée de 1434. Dans la base de la tour, une pièce chartrière ou l'on plaçait les titres et archives.


Par un escalier à vis on accède à la chambre de Jeanne de Kergroadez qui comporte un cabinet dans la tour ronde et sa petite cheminée pour chauffer l'eau du bain. La chambre communique avec la salle du marquis, on dirait de nos jours : le living. Dans toutes les salles de nombreux et superbes objets, meubles et tapisseries anciens.

En reprenant l'escalier d'honneur, large et droit, on accède à la tour ouest. Un extraordinaire dôme de charpente dû à Philibert De l'Orme . Par ce dôme  le chemin de ronde est accessible.


Des lucarnes

Les charpentes, boiseries et planchers sont le résultat d'un travail de restauration exceptionnel. Les murs en granit de Lanildut sont en parfait état. La restauration de ce château serait un chantier comparable à celui de la cathédrale de Quimper.

 

Le château aura connu presque un siècle d'abandon au cours duquel les toits et planchers disparaissent. Il doit à la qualité exceptionnelle de sa construction, et notamment du fait de ses murs d'être resté debout. En 1889 un armateur brestois : Julien Chevillotte et son épouse valentine Mével héritière du château, entreprennent sa reconstruction. La famille se sépare  en 1991 du château qui est classé en 1995. Il est entre les mains des propriétaires actuels (la famille Jaclin de Lille) depuis 2000.  Les travaux commandés par les Chevillotte, de très mauvaise qualité sont entièrement repris avec l'aide des bâtiments de France.

La fontaine et le lavoir

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La visite se poursuit par une promenade dans les jardins en cours d 'aménagement. Divers thèmes sont ou seront développés : les simples, les graminées, les collections de diverses plantes, un labyrinthe...dans un espace protégé des vents par les arbres. On y voit aussi le vivier, le lavoir et les ruines de la ferme attenante au château.

 

Le groupe de visiteurs

notes prises par Anne Chapel,

photos de Pierre Lépée et Yvon Gac

dessin de Louis le Guennec (1878-1935)