Promenade à Lannilis (août 2011)

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Promenade à Lannilis (mercredi 17 août 2011)

 [compte rendu de Jean Couchouron]

 

Le 17 aout 2011 nous étions 30 personnes pour la visite du château de Kerouartz suivie d' un circuit en Lannilis proposé par François Corre.

La photo du groupe des participants a été prise près du mémorial érigé en hommage aux résistants fusillés en 1944, suite à  l'attaque du camp allemand de Kerbabu. On se souviendra que le maire et un adjoint retenus en otage furent libérés grâce à l'intervention du docteur Caraès auprès de blessés allemands.

 

Le château de Kerouartz

Le château de Kerouartz est sans doute un des plus beaux de la région. Il a la particularité, en  plus de 500 ans d'histoire de n'avoir pas subi de destruction ni de modification majeure et d'être resté, hors un relativement court intermède , entre les mains de la même famille : Les Kerouartz.
Il est situé sur le territoire de Ploudiner, aujourd'hui  Lannilis, entre les abers Benoit et Wrach, au coeur d'une région qui fut dominée par les Kerouartz ,  dont les propriétés étaient immenses et qui assumèrent jusqu'à nos jours de hautes fonctions ou mandats.

 

Le guide expose longuement la généalogie des Kerouartz. En effet depuis  Macé de Kerouartz, croisé en 1248 avec Saint Louis, de nombreux Kerouartz sont mêlés à l'histoire de Bretagne et de France. La présence de la famille est attestée depuis 1350, notamment par l'achat de la propriété à la famille Coum  (sans descendance mâle). Depuis, 20 générations se sont succédé dans le château.

L'arrivée au château se fait  par  une voie bordée d'arbres de plus d'un kilomètre menant à un portail surmonté d'une courtine entre deux tours d'angle portant, malgré l'époque tardive, des embrasures de défense.
A l'époque de la construction du château par Claude Kerouartz, Chevalier de l'Ordre du Roi, les incursions anglaises étaient alors fréquentes et plusieurs manoirs locaux de ce temps possèdent des éléments de défense.

Une stèle de l'âge de fer de 2.7 m de haut et de forme quadrangulaire a été placée près de cette entrée. Dans un bâtiment proche, une niche abrite une statue du moine Saint Illuminat.

 

Le corps principal, construit en granit vers 1580 doit à la Renaissance ses proportions élégantes. Sa façade ferme une grande cour empierrée, amorcée depuis les tours par des bâtiments de servitude, bordée à l'ouest par le manoir et découvrant à l'est des jardins à la française   descendant jusqu'à la rivière. On remarquera un rucher en bordure de ces jardins. Une jolie fontaine coule au centre de la cour.

Dessins de Louis LE GUENNEC

 

Pigeonnier, fermes, moulins, terres et forêts complétaient l'impression de puissance déjà donnée par la position dominante du chateau,  qui, en outre, exploitait  le passage par bateaux sur le wrach.

Le manoir, formant aile gauche du château est très classique : deux salles reliées par un escalier à vis. Il est habité. A gauche sur le mur le blason des Coum représente un pélican avec la devise, un cri de guerre : « C'est moi C ». Ces armoiries se retrouvent a différents endroits dont notamment l'abbaye des Anges.

On pénètre dans le château par une porte excentrée, l'entrée décorée d'armes et d 'armures donne, à droite dans la salle basse. Une cheminée monumentale est décorée, notamment de deux personnages nus et porte le sceau martelé des Kerouartz. La salle, que l'on  imagine propice aux ripailles, est claire, une fenêtre donnant sur l'aber Wrach. A gauche de l'entrée un escalier donne accès à une cave à vin voutée menant à la cuisine dont les voutes reposent sur un pilier central. La cheminée y est flanquée d'un four, la cuisine ouvre sur l'extérieur.
Par la salle basse  on accède à l'appartement du Marquis : chambre, oratoire, chambre du chambellan.  La cheminée de la chambre du marquis porte l'inscription : « quand il plaira à Dieu ».

 

Un escalier  mène de cette chambre   aux chambres de l'étage, appartements de la Dame et des enfants. La grande salle de l'étage comporte une cheminée de décor à caractère sacré. Elle sert aujourd'hui de salon de musique.
Une porte remarquable dans l'angle de la salle donne sur l'escalier. Un oratoire donne sur la chambre principale.

L'ensemble : murs, plafonds est entièrement décoré de motifs floraux peints. De très beaux meubles  confèrent à l'ensemble une atmosphère chaleureuse soutenue par des objets, statues et de belles tapisseries. Dans l'escalier à volées droites qui redescend vers l'entrée, des panneaux de bois représentent le Chemin de Croix.

Les cheminées furent équipées de poêles de type alsacien,Un système de ventilation élaboré est visible sous les fenêtres de façade.

A gauche de l'entrée une chapelle bâtie à la même époque que le manoir et achevée au XVII ème siècle est vouée  à Saint Illuminat dont le corps reposa dans une châsse sous l'autel.

Ces reliques furent pillées à la révolution. Il en reste un témoignage dans l'église de Lannilis. On  remarque : un oeil de boeuf sculpté, une fenêtre avec un pot à feu et à l'arrière une stèle avec un cheval.

 

Saint Yves du Bergot

La promenade nous mène à la chapelle Saint Yves située près du manoir abritant la famille Bergot dès 1504, puis une branche cadette des Kerouartz. Construite au XVI ème siècle, la Chapelle fut cédée à la commune de Lanilis en 2002, classée, puis restaurée jusqu'en 2009. On y remarque les statues de St Yves, de St Herbot, de St Joseph et une Vierge à l'Enfant.

En rejoignant la route royale de Lannilis à Lesneven on trouve à l'est une borne de corvée du XVIIIème siècle. Elle marque les limites et les obligations des paroisses de Plouguerneau et de Tremenac'h.
Allant vers Lannilis on voit une Stèle funéraire en granit située à Pembrat Vihan. Découvertes en 1962, des urnes funéraires formaient un cimetière gaulois du 3eme au premier siècle avant Jésus Christ.

 

La Chapelle Saint Sébastien

Sur la route du retour, avant de pénétrer dans Lannilis on peut voir la Chapelle Saint Sébastien. Elle fut construite en granit de 1641 à 1644 sur un terrain qui avait été offert par le seigneur de Kerbabu :  Olivier de Bellingaut et son épouse, Suzanne de Kerneac'h, pour enterrer les victimes de la peste de 1640.

Elle possède une belle façade renaissance de 1643.
Elle sera restaurée en 1785, puis en 1819 avec les ruines de la proche chapelle de Trobérou dont il ne reste de l'enclos qu'une fontaine gothique.


Sources : visite du château commentée par Bernard Le Bec, Photos de F. Corre et J.M. Duniau,
Notes prises par Anne Chapel, Dessins de Louis Le Guennec